J'avance paisiblement dans la brume,
Je n'y vois pas l'ombre d'une ouverture,
Trop dense est devenu son volume,
Pour y apercevoir secrètement mon futur.
Je déambule dans cette obscurité,
Je me sens terriblement seul,
Mes gestes semblent être limités,
Impression d'être maintenu dans un linceul.
Je distingue une silhouette qui s'approche,
Démarche à la fois féminine et sensuelle,
Elle s'avance et est maintenant si proche,
Que je sens que cette entité n'est pas spirituelle.
Elle me murmure à l'oreille sa déception,
Me fait comprendre qu'elle n'a plus la passion,
Je l'écoute patiemment me révéler ses malheurs,
Je ressens en elle énormément de douleur.
Tendrement je me saisis de sa main délicate,
Je lui propose gentiment de me suivre,
Afin que son voyage soit moins disparate,
Et qu'ensemble nous puissions survivre.
Doucement je sens sa peau qui m'abandonne,
Sa décision est de ne pas m'accompagner,
Ma muse n'a pas l'air de vouloir se résigner,
Cette merveille me demande que je lui pardonne.
Je me résous à vouloir la comprendre,
Apparemment son c½ur n'est pas à prendre,
Ma bien aimée a connu trop de souffrance,
Son amour ne trouve aucune délivrance.
L'horizon qui se dessinait devant mes yeux,
En un instant s'est consumé à travers le feu,
Je regarde silencieusement au loin ce paysage,
Qui me rappelle que je n'ai plus de courage.
Je distingue non loin de moi mon inspiratrice,
Ses formes se cambrent aux ombres qui l'entourent,
Apparences noirâtre consommatrices,
D'un plaisir charnel contraire à l'amour.
Je ne peux que me taire face à ce spectacle,
Ma quiétude devient pesante au fil des jours,
L'avoir à mes cotés tiendrait du miracle,
Autant que je me taise pour toujours.